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Journal n°2 – Février 2003

 

Association Eau Secours 31

 

CASC 10 bis rue du Colonel Driant

31400 Toulouse

Contact : 06.88.68.67.57

http://eausecours31.free.fr

 

 

Calendrier autour de l’Eau :

 

· 14 et 15 mars à Toulouse :  Formation des Elu-e-s

· 21 et 22 mars à Florence : Forum Alternatif Mondial de l’Eau

· 11 et 12 avril  à Toulouse : Forum Social du Grand Sud

· 31 mai et 1er juin à Le Bessat-St Etienne (42) : VIIIè colloque Aquarévolte

· 5 au 14 juillet de Bayonne à St Gaudens : Marche de l’Eau

 

 

 

 

Brèves … Actions …

 

Ginestous 2000

Eau Secours 31 a participé à l’AG du Collectif contre le Plan Ginestous 2000 le 13 décembre. Le Collectif, prenant appui sur différents cas où les incinérateurs posent des graves problèmes de santé (Morbihan, Albertville, Angers, Cluny…), estime que trop d’inconnues subsistent. Il demande inlassablement que soit conduite une  étude épidémiologique avant le démarrage des incinérateurs de Ginestous pour dresser un état des lieux de la santé des habitant-e-s.

Pour inciter la population à veiller au grain, le Collectif, soutenu par 150 personnes, a organisé une plantation festive de l’Arbre de la Vigilance aux Ponts Jumeaux au son de la cornemuse et de la bombarde.

 

Marchés

Distribution de tracts sur les marchés du Capitole, St Aubin et Tournefeuille.

 

Forum Social du Grand Sud

Il s’est tenu à Toulouse en juin 2002. Eau Secours 31 a animé un atelier largement fréquenté. Le second forum se tiendra à Toulouse les 11 et 12 avril sur le rapport Nord/Sud. Il est organisé par le Collectif toulousain contre la mondialisation libérale qui rassemble associations, syndicats et partis politiques. Le thème de l’eau sera au menu et les organisateurs espèrent la participation d’animateurs de la Marche Bleue dans l’état espagnol.


On a causé sur l’Eau à l’Utopia de Toulouse

 

À 250, pendant plus 3 heures pour les plus courageux on a baigné dans la gestion de l’eau. D’abord un film qui nous raconte l’Inde, la Bolivie, l’Espagne, la France, le Maghreb, le Moyen Orient. Partout l’eau. La même eau. Commune à tous. Dans son dernier film, Michel Garnier nous fait voir tous les visages de cette « Coalition Mondiale contre la Privatisation et la Marchandisation de l’Eau ». Tous confrontés aux même maux. Tous tirant la même leçon. Il faut écarter les multinationales de la gestion de l’eau (de la distribution à la construction de barrages) : et le temps presse.

Avec Michel Garnier, Jean Luc Touly, président de l’Association pour le Contrat Mondial de l’Eau, futur ex-salarié de la CGE, pilier du réseau eau d’Attac, brosse au scalpel le portait des multinationales françaises. La Lyonnaise, Vivendi, Saur Bouygues ont les oreilles qui sifflent.

 

 

Arnaques, collusion et compagnie. Tout y passe.

Le tableau de notre situation française, berceau des géants de l’eau mondiaux, nous rapproche plus de notre vie quotidienne

 

La situation toulousaine et l’action de l’association évoquée en filigrane durant toute la soirée (prise de contrôle du contrat par la CGE en 91, incinérateur de Ginestous, recours  déjà effectués et en préparation, rencontres avec les élus …) fait d’ailleurs un formidable écho aux problématiques nationales et internationales.

 

Au milieu des nombreuses questions et du malaise que peut faire naître le tableau d’une situation alarmante, reste à montrer comment l’action locale interfère et qu’il s’agit d’agir d’abord ici.

 

Mobilisation encourageante

 

Quand des élus convoquent à une réunion publique, quelques dizaines de personnes se déplacent. Pour une rencontre sur l’eau, organisée par des associations, un public de 250 personnes, dont beaucoup de jeunes, se presse à l’Utopia,,  sans compter celles qui n’ont pu assister faute de place.

Ca donne à réfléchir sur les modes d’action à construire !

 

 

 

Une formation des élus ? Par qui ? Pourquoi ?

 

Quand une association qui s’intéresse à l’eau confronte son vécu avec d’autres associations, elle réalise à quel point le domaine est complexe. Mais aussi que les élus sont souvent, parfois de leur propre gré, tout aussi démunis de sources fiables pour se faire une opinion. Et que, surtout, si on souhaite les convaincre de la nécessité d’un retour à la gestion directe, ce sont toujours les mêmes obstacles qui freinent : le manque d’intérêt politique, la responsabilité croissante des élus (pénale même), les normes de plus en plus complexes, la pression des groupes privés.

 

Il faut donc démontrer. C’est l’objet de cette première session de séminaire sur le thème de la gestion de l’eau et de l’assainissement en régie directe qui se déroulera les 14 et 15 mars à Toulouse en collaboration avec l’association Formation et Citoyenneté et le réseau Eau d’Attac.

 

En faisant intervenir élus, consultants experts, associatifs rodés à ces questions, l’association espère donc démêler les sujets qui font peur: reprise des salariés, mise en place d’un service technique, coût, problèmes juridiques, visibilité à long terme. En y ajoutant une composante, pour nous essentielle : la régie directe n’a de sens que si elle s’accompagne d’une participation citoyenne organisée.

 

Ce séminaire, financé sur les fonds de formation aux élus (financement obligatoire des collectivités) en appelle d’autres. Pour les élus bien sûr, car il faudra en convaincre de nombreux pour que la démarche soit efficace, mais aussi pour les militants. Ce dernier pourrait être organisé par le réseau eau d’Attac en fin d’année.

 

 

 


 

Forum Social Mondial Porto Alègre janvier 2003

 

Une nouvelle  adhérente d’Eau Secours 31, géographe, a eu le bonheur de participer au Forum Social Mondial et a représenté notre association. Elle raconte :

  

 « Pendant ces trois années, les organisateurs du Forum Social Mondial ont réussi à construire la rencontre la plus extraordinaire que la société civile n'ait jamais connue. Bien que nous soyons à des kilomètres de Davos, Davos est loin d'avoir la force que nous avons ici. », disait Lula lors de son discours d’ouverture à la troisième édition du Forum Social Mondial, le 24 janvier 2003 à Porto Alègre.

 

Et pour cause ! Après avoir assisté à cet événement, qui a rassemblé la bagatelle de 100 000 personnes, je peux témoigner : en cinq jours, ont eu lieu plus de 1600 ateliers et séminaires, 75 conférences, témoignages, tables de dialogues et de controverses, 180 shows musicaux, expositions diverses, spectacles vivants, arts vidéo, sans compter les projections cinématographiques et les activités autogérées.

 

Pendant une semaine, Porto Alègre s’est transformée en un laboratoire du XXIe siècle : un laboratoire de recherche et de discussions pour construire un monde post néolibéral. Une organisation colossale y a été déployée: les activités se déroulaient dans quatre lieux, mais très éloignés les uns des autres. Les trois quarts des bus de la ville et la totalité de l’infrastructure hôtelière ont été réquisitionnés pour l’occasion : une vraie manne pour la ville du Brésil peu connue jusqu’alors !

 

Le FSM, s'oppose au néolibéralisme et à la domination du monde par le capital. En cela il "ne prétend en aucun cas être représentatif de la société civile internationale". Il n'élabore aucun programme, ni orientation, ni hiérarchie, ni censure, ni restriction. Mais en tant qu'espace de débats, il se présente comme “un mouvement d'idées qui stimule la réflexion et la diffusion transparente de cette réflexion sur les mécanismes et instruments de la domination du capital".

 

 

De nombreux débats ont eu lieu sur le thème de l’eau, ainsi le séminaire international de l’administration populaire « Agua para todos : Serviços Públicos de qualidade com Controle Social ». Organisé par la Mairie de Porto Alègre, il s’est tenu du 27 au 28 Janvier. Son intérêt reposait sur le souci de la municipalité de partager son expérience de gestion de l’eau dans le cadre du budget participatif afin d’ouvrir le débat à d’autres participants.

 

On a pu entendre le représentant de la grande organisation PSIRU (Services Publics Internationaux) de l’Université de Greenwich en Angleterre. Elle regroupe 20 millions de membres dans  150 pays, réunissant des travailleurs activistes des services publics du monde. Pour comprendre et critiquer le processus de privatisation, elle a créé la plus grande banque de données du monde sur les entreprises multinationales et développe des partenariats pour diffuser ces recherches au plus grand nombre. Leur site : www.psiru.org

 

 La force du FSM repose sur les réseaux mondiaux qui s’y créent, notamment grâce a Internet, sur les échanges d’informations de tout poil qu’il libère, et sur le foisonnement d’idées qu’on y développe. Et puis, comme disait Jean Ziegler à la conférence « Paix et Valeurs » : « Il aurait été totalement absurde, si quelqu'un, posté sur le bord de la Seine, le soir du 14 Juillet 1789, avait demandé aux insurgés : quelle est la constitution de la Première République Française ? où est  la Déclarations de Droits de l´Homme ?». Quoiqu’il en soit, quel bonheur de se sentir nombreux à partager  ces idées là  !

 

« Vous êtes arrivés à construire un espace dans l’histoire » a dit Lula aux organisateurs du FSM lors de son discours du 23 Janvier . « La presse qui, lors du premier Forum Mondial Social, a dit que c’était une rencontre des gens de gauche, une rencontre des gens fous de ce monde, cette presse reconnaît aujourd’hui que le Forum social mondial est la plus grande rencontre de la société civile qui va contribuer au changement de l’histoire de l’humanité ».

 

Dans ces conditions, comment ne pas croire qu’  « un autre monde est possible» ?

Nathalie Grondin Porto Alègre 31 janvier 2002


Parlons Démocratie

 

Les commissions consultatives de l'eau et de l'assainissement sont crées à Cugnaux, Villeneuve-Tolosane, Frouzins, Seysses et à Blagnac. A Toulouse, l’eau et l’assainissement sont des services séparés depuis décembre 2001. L’eau est traitée dans la commission consultative des services publics locaux de Toulouse. Eau secours 31 y siège depuis octobre 2002.

L’ assainissement est traité dans la commission consultative des services publics locaux de l’Agglomération. Eau Secours 31 vient d’être admise par décision du bureau du Conseil de la Communauté du 7 février 2003. Pour les communes non pourvues des dites commissions, c’est aux citoyen-ne-s et aux associations de rappeler à leurs élu-e-s l’obligation légale de créer des commissions consultatives dans les communes à partir de 10 000 habitants (loi n° 2002-276 du 27.02.02 sur la démocratie de proximité). Il y a du pain sur la planche !

 

Castres : le feuilleton judiciaire

 

Dans son jugement du 11 octobre 2001 le Tribunal Administratif (TA) de Toulouse a donné raison aux usagers et a déclaré le prix de l’eau illégal depuis 1991. Le motif en est que ces derniers remboursaient sur leurs factures le droit d’entrée versé par la Lyonnaise à la ville et comptabilisé au budget général.

 

La ville de Castres ayant fait appel auprès du TA de Bordeaux, la Lyonnaise a déposé un requête auprès du TA de Bordeaux qui fait ressortir que les usagers ont raison, mais qu’elle n’est pas responsable de l’usage fait par la ville du droit d’entrée . En vertu de quoi elle demande à celle ci le remboursement de ce droit, ainsi qu’une indemnisation pour le manque à gagner dans l’avenir (le contrat risquant d’être cassé).

Au dernier conseil municipal, du 27 décembre 2002, le maire a donné un délai d’ 1 mois à la Lyonnaise, pour se mettre en conformité avec le jugement du TA de Toulouse.

 

Les usagers ont donc contre attaqué, à travers un article dans La Dépêche du midi, en expliquant que cette somme ne devait être remboursée ni par les usagers ni par les contribuables. En effet celle ci n’apparaît nulle part en temps qu’emprunt à 8,71%, ni dans une délibération du conseil municipal, ni dans le contrat d’affermage. Il s’agit donc à leurs yeux, d’une simple contrepartie de l’utilisation par la Lyonnaise d’un réseau entièrement rénové aux frais de l’usager juste avant la signature du contrat. Leur faire rembourser le droit d’entrée revient à leur faire payer deux fois les installations.

 

Depuis la Lyonnaise a demandé au TA de Toulouse de fixer le prix de l’eau et a essuyé un refus. Elle a fait la même demande au TA de Bordeaux qui a accepté, mais qui a refusé qu’ un expert entende les usagers.

 

Nos canalisations : un patrimoine sous estimé

La part la plus importante de notre patrimoine est enterrée ( 92 %). Ce sont les canalisations et les branchements. La conduite de branchement véhicule de l’eau potable pour alimenter un usager à partir d’une conduite de distribution. C’est aussi elle qui fait l’objet du moins d’entretien. Le patrimoine constitué en France par les services des eaux depuis le début du siècle est énorme. Il est évalué par le cercle français des distributeurs d’eau à 425 milliards de francs. La répartition est la suivante :

  • 330 milliards de francs pour les 550.000 Km de canalisation
  • 60 milliards de francs pour les 120.000 Km de branchements, dont une partie est encore en plomb.
  • 25 milliards de francs pour les 15.000 réservoirs
  • 10 milliards de francs pour les 3000 usines

 

Les réseaux en France ont commencé à vieillir : ¼ des réseaux a plus de 40 ans. Aujourd’hui, la question du renouvellement des réseaux est posée avec acuité :

Si la cadence actuelle de renouvellement est maintenue (1,5 milliard de francs par an), il faudra 300 ans pour renouveler l’ensemble du réseau.

Il faut cependant se garder de conclure que les renouvellements annuels doivent être multipliés par 10 car cela aura un impact sur le prix de l’eau.

L’utilisation des budgets peut être optimisée. En rationalisant le renouvellement des réseaux par le choix de bons critères pour évaluer l’état des réseaux et suivre leur évolution. Pour prolonger la durée de vie des réseaux, il est important de mieux les connaître, de planifier et améliorer leur entretien.

 


Ça ne coule plus de source

 

En 2002 un habitant d’Auterive, nous signale que l’usage d’une source très fréquentée, est frappée d’interdiction, par la mairie. Renseignements pris, il s’agissait, pour les pouvoirs publics, de se couvrir, en cas de pollution accidentelle.

 

Une mini enquête plus tard, ce qui paraissait local , voire anecdotique, se révèle une pratique aussi courante que l’eau de source.

 

Dans une source thermale du Boulou, dans les Pyrénées orientales, surgissant en dessous des thermes et fréquentée par des milliers d’habitants du département, a subi le même sort, alors même que cette  eau est toujours utilisée dans les thermes et vendue en bouteilles.

 

A Bidart, au Pays basque, la source « Contresta », point de ralliement d’une partie de la population, est interdite depuis cette année.

A St. Antonin, dans le Tarn et Garonne, il y a belle lurette, que la source des thermes au milieu du village, ne coule plus que dans les bouteilles du même nom .

 

Quant à Varen toujours dans le Tarn et Garonne, la source a son panneau d’interdiction depuis quelques semaines au grand dam de la population, qui connaît par ailleurs les projets de captage et d’embouteillage prévus sur le site de l’ancienne usine à ciment Lafarge.

 

Ou bien les normes actuelles de potabilité sont telles que les maires prennent les devants en se protégeant tous azimuts. Devant la frilosité des élus une simple analyse de l’eau dans un laboratoire d’analyses médicales peut la laver de tout soupçon. Et puis si une source gratuite n’est plus potable, comment se fait-il qu’elle le devienne quand elle est en bouteille ?

 

Ou bien les nappes phréatiques sont tellement polluées, que le bétonnage des sources ne réglera pas vraiment le problème.

 

Ou bien des intérêts économiques se cachent derrière le panneau municipal, car enfin on trouve déjà l’eau de Saint-Antonin en bouteille.

 

Bref rien n’est moins limpide que la décision d’une mairie qui pose au pied d’une source un panneau d’interdiction et de danger. Demandez vous toujours à qui cela profite

Grande braderie chez Vivendi

 

80% de Vivendi Environnement (VE) est désormais entre les mains d’une dizaine de nouveaux propriétaires( EDF, caisse des dépôts, AXA, Groupama). Certains, comme EDF, se seraient bien passés du bébé. Mais, la gestion de l’eau et de l’assainissement des 5.000 communes confiée à la CGE doit pour le moment rester française.

Les candidats étrangers (RWE allemande) qui espéraient pouvoir mettre un pied en France, attendront. Pas forcément longtemps car les repreneurs, lors de l’achat des premières tranches, se sont engagés pour quatre ans seulement.

 

Dans cette grande liquidation orchestrée par Jean René Fourtou, il y a des perdants : salariés licenciés, usagers floués, petits actionnaires lessivés, fournisseurs volés… mais aussi des gagnants : assureurs, financiers, banquiers, grandes entreprises, juristes…les mêmes que dans l’affaire du Crédit lyonnais, ou du tunnel sous la Manche. En effet, la dernière vente d’une part de VE en décembre dernier s’est faite à un prix inférieur de 30% à son cours d’introduction en bourse (et ce n’est rien par rapport à la vente des autres actifs de VU).

 

Sur le plan judiciaire, les choses commencent à bouger. Des juges américains, s’intéressent à l’opacité de la comptabilité de la multinationale.

 

En France, suite à la plainte d’une association de petits actionnaires, le domicile de Jean Marie Messier, ainsi  que le siège de Vivendi ont été perquisitionnés. Certaines fuites font état de trafic d’influence auprès de juges parisiens ; Le Monde du 22 janvier 2003 parle de pressions exercées sur les enquêteurs de la COB. Bref le feuilleton Vivendi continue

 

Sur le plan local, pour que les Toulousains ne fassent pas partie des perdants, il suffirait à nos élus, comme nous le leur avons demandé par courrier, par voie de presse et à la commission consultative, qu’ ils saisissent l’opportunité de ce changement de propriétaire, pour reprendre en régie directe la gestion de l’eau et de l’assainissement. Ce serait le seul moyen de ne pas payer à travers nos factures, une partie des 13 milliards d’ euros de dettes de VE.

 


Demande conjointe d’Eau Secours 31 et d’Attac d’une enquête parlementaire

 

Une demande de création d’une commission d’enquête parlementaire, sur la gestion des délégations de service public concédées ou affermées à Vivendi Environnement(VE) par plusieurs milliers de communes françaises et plus particulièrement sur les provisions pour travaux et renouvellement de réseaux vient d’être déposée.

 

Nous savons en effet que 70% de l’activité de VE concerne la gestion de service public. Alors que VE assurait 40 à 50% du chiffre d’affaire du groupe Vivendi Universal (VU), la filiale se trouve lestée d’une dette de 14 milliards d’’Euros, sans commune mesure avec son  activité réelle.

Après avoir liquidé les avoirs accumulés pendant plus de 50 ans par la CGE (pour les acquisitions hasardeuses de VU), privant ainsi VE de ses réserves propres, Jean-Marie Messier a endetté sa filiale dans des opérations financièrement et économiquement contestables, comme l’achat d’US Filter.

Les usagers captifs des délégations de service public de VE s’estiment en droit, au travers de leurs élus, de demander des comptes. Alors que l’argent de leurs factures doit aller exclusivement aux services d’eau et d’assainissement, le PDG, avec la complicité de son conseil d’administration, a capté la majeure partie du capital accumulé. Au final qui va payer la dette ? les usagers, dindons de la farce, comme d’habitude

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Mais ce n’est pas tout.

Le 27 septembre 2002, interrogé par Pierre Mehaignerie et Henri Emmanuelli, Jean-René Fourtou (nouveau PDG de Vivendi) a reconnu devant la commission de la production et des échanges de l’assemblée nationale, que les provisions pour renouvellement des réseaux avaient été regroupées au niveau national et placées dans une captive d’assurance en Irlande : « la Finantial Reproducts». (1 milliard d’Euros, 5 milliards selon les syndicats.)

En plus de la dette, les usagers vont-ils devoir payer, à l’occasion de la vente de VE, une deuxième fois les réseaux ?

La disponibilité effective de ces provisions paraît cruciale ; En effet d’après l’étude Ecoloc 2001 du ministère de l’environnement, pour que la France soit en conformité avec les directives communautaires relatives à la potabilité de l’eau et au traitement des eaux résiduaires urbaines, les investissements à engager, compte tenu du retard accumulé, ont été chiffrés à 80 milliards d’euros pour les dix prochaines années.

En l’absence de législation réellement adaptée aux P.P.P. (partenariat public privé) nous attendons de nos élus qu’ils se positionnent clairement sur le cas Vivendi, mais aussi sur les problèmes de fond soulevés par cet exemple de « nouveaux services publics à la française ».

Rappelons ici que c’est ce nouveau modèle à la française (P.P.P), prôné par le FMI et la Banque mondiale, qui a été retenu comme solution aux problèmes mondiaux de l’eau lors du sommet de Johannesburg.

 

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L’eau est une ressource rare et mal répartie sur terre

 

 

 

Les ressources en eau douce sont rares  on en trouve seulement 3% à la surface de la terre, la majeure partie étant sous forme de glace. Cette rareté est à rapprocher de la croissance incessante de la population mondiale : 6 milliards d’individus aujourd’hui –8 milliards vers 2025- dont 80% en agglomérations d’ici à 15 ans, ce qui va engendrer une augmentation de la demande. Neuf pays, Brésil, Russie, Etats-Unis, Canada, Chine, Indonésie, Inde, Colombie et Pérou, se partagent 60% des ressources naturelles renouvelables d’eau douce du monde (plusieurs milliers de milliards de m3 par an).

A l’opposé, certains pays disposent de ressources extrêmement faibles, voire quasi nulles (de 15 à 900 million de m3 par an). Il s’agit du Koweït, du Bahreïn (les ressources renouvelables de ces deux pays étant quasiment nulles), des Emirats Arabes Unis, de la Libye, de Singapour, de la Jordanie, d’Israël et de Chypre. Ces pays ne disposent même pas de 500 m3 par habitant et par an.

80 pays, représentant 40% de la population mondiale, souffrent déjà de pénurie d’eau


Rencontres avec les maires

A l'automne, Eau secours 31 s'est fixé comme objectif de rencontrer les 21 maires de la Communauté d'Agglomération du Grand Toulouse (CAGT). Cet objectif est réalisé aux deux tiers : treize maires ont été consultés. Chaque discussion a suivi une trame commune de questionnement : mode de gestion de l'eau potable, qualité de l'eau, prix, problèmes liés à la nouvelle compétence de la CAGT sur l'assainissement, position sur le service public de l'eau, existence de la commission consultative d'information et de contrôle de la gestion.

Gestion de l'eau potable (épuration et distribution)

Toutes les communes fonctionnent en syndicat inter-communal, regroupant un nombre plus ou moins important de communes (de 5 à 79 communes), organisé autour des ressources aquatiques utilisées.

Sur les treize communes, huit appartiennent à un syndicat en gestion directe, cinq à un syndicat en gestion déléguée par affermage ou concession à une entreprise privée.

Tous les maires se disent satisfaits de la qualité de l'eau distribuée, quant au respect des normes de potabilité, ainsi que de son prix (dont on constate pourtant qu'il peut varier de 4,77 francs à 8.28 francs le m3).

Gestion de l'assainissement (collecte et traitement des eaux usées et de ses déchets)

Jusqu'en 2001, sur les 21 communes de la CAGT, treize sont en régie directe municipale ou en contrat avec le Syndicat Départemental de l'Eau et de l'Assainissement (SDEA, dépendant du conseil général), sept sont en gestion déléguée à la CGE-VIVENDI, et une à la Lyonnaise des eaux.

Le transfert de la compétence assainissement à la CGAT, depuis 2002, entraîne une situation pour le moins embrouillée, mêlant l'existant et sa continuité, mais dont il ressort un renforcement de l'emprise Toulouse CGE-VIVENDI (contrat de concession depuis 1990, et jusqu'en 2020.)

La CGAT vise donc « 'harmonisation » des conditions de ces différentes gestions et de leur prix. Dès 2003, toutes les communes raccordées à Ginestous verront l'harmonisation à la hausse, de la rémunération consentie à la CGE-VIVENDI, pour payer la mise aux normes et le Plan Ginestous 2000, c'est à dire l’extension de la station d’épuration et la construction des incinérateurs de boues (extension sur une zone urbaine inondable, non souhaitée par les habitants (12.000 signatures recueillies par le Collectif contre le plan Ginestous 2000).

C'est à l'horizon 2006 que la CAGT devrait réaliser l'harmonisation des tarifs de l'assainissement sur l'ensemble des communes. Cette harmonisation entraînera des choix politiques, en réponse à un questionnement complexe : modes de gestion, solutions aux nuisances environnementales du traitement des boues des stations d'épuration( épandages agricoles, incinération, oxydation par voie humide...), recherches; modalités d’application du contrat Toulouse-CGE par la CGAT.

Seuls les maires de Cugnaux et Villeneuve Tolosane affirment leur volonté politique de maintenir une gestion publique, non déléguée au privé, afin de s'assurer une maîtrise totale de la gestion, de la qualité du service et de son prix, et de ne pas supporter l'amortissement de la dette toulousaine. D'autres maires, comme à Tournefeuille ou Cornebarrieu, se veulent pragmatiques : «On fera différent si on nous montre que c'est possible : si les procédures contre VIVENDI aboutissent, on pourrait remettre en question le contrat avec la CGE « . Quant à ceux de l'Union ou d’Aussonne, ils se disent prêts à se battre dans les négociations pour que la CGE ne soit pas en position de force pour imposer ses conditions, et pour maintenir un équilibre entre le public (SDEA) et le privé (CGE ).D'autres enfin, apparaissent dépassés par l'ampleur de ces questions, la dimension des investissements nécessaires, et adoptent l'attitude du «c'est perdu d'avance» ou du « laissez faire car ils sont plus compétents».


 




Interview de Riccardo Petrella

 

 

 

Pourquoi un Forum Alternatif Mondial de l'Eau ?

Le but principal du Forum Alternatif Mondial de l'Eau est de discuter et de présenter les principes fondateurs, les objectifs prioritaires et les modalités d'action pour la mise en oeuvre d'une autre politique mondiale et locale de l'eau, fondée sur le droit à la vie pour tous, l'eau comme bien commun public et une réelle démocratie.

Nous souhaitons construire une politique alternative à celle actuellement dominante, imposée par la nouvelle oligarchie mondiale de l'eau qui va se réunir à Kyoto au mois de mars, et basée sur la marchandisation de l'eau, la libéralisation et la privatisation des services d'eau, l'inévitabilité prétendue de la raréfaction croissante de l'eau et donc des conflits intra et internationaux autour de l'eau.

Le Forum Alternatif de l'Eau de Florence sera un moment important dans le processus de concrétisation des luttes menées à travers le monde en faveur d' un changement effectif en matière d'usage, de gestion, de protection de l'eau et des écosystèmes.

 

Pourquoi un Parlement Mondial de l'Eau ?

La proposition pour un Parlement Mondial de l'Eau répond à un double souci. Primo, ne pas accepter comme inéluctable l'affaiblissement de la démocratie représentative au niveau local et national de même que la prétendue impossibilité d'une démocratie représentative au niveau international et mondial, comme si la démocratie s'arrêtait aux frontières des Etats actuels. Nous essayerons, au Forum, de discuter des moyens et des solutions à expérimenter pour promouvoir, par exemple; la "démocratie des fleuves", c'est à dire la création d'assemblées représentatives des populations habitant les pays appartenant au même bassin international.

 

Secundo, "inventer" au plan international et mondial des lieux où les biens et les services communs mondiaux, indispensables à la vie de tout citoyen et au vivre ensemble peuvent être examinés, discutés, promus, protégés, valorisés dans l'intérêt de l'ensemble des populations du monde et des générations futures, à partir d'alliances entre groupements sociaux et géographiques clairement définis et visibles, et sur la base de négociations ouvertes et transparentes entre porteurs d'intérêts différents selon des règles justes et démocratiques. Le contraire donc, des mécanismes de "régulation" actuels constitués par la FMI, la BM et l'OMC.

Quels sont les atouts de ce mouvement ?

C'est à la fois la difficulté et la force de nos mouvements de résistance et de construction d'une autre société et d'un autre monde face au monolithisme intégral du système global actuel dominé par une superpuissance

hégémonique mondiale et structurée autour d'un système économique légitimant la primauté du plus fort, la compétitivité pour la survie au détriment des autres, la suprématie des logiques du rendement du capital financier (ndlr : reprenez votre souffle !).

 

Difficulté, car il est objectivement peu aisé de réaliser des synergies, au-delà des bonnes intentions et des tentatives sincères, des objectifs représentant des histoires sociales et humaines différentes, exprimant des enjeux locaux très variés et des objectifs concrets non cumulables, intégrables dans un même programme d'action.

 

Force, car la variété et la multiplicité de ces mouvements constituent l'illustration éclatante de la pertinence et de la justesse de ces multiples cris contre l'injustice, l'exclusion et la marchandisation de la vie, et de la légitimité de toutes ces aspirations à une vie humainement digne, à la liberté, à la solidarité, à la sécurité d'existence. Le caractère universel des revendications et des alternatives proposées est une démonstration de l'incivilité et de la non soutenabilité de la globalisation actuelle. Un évènement comme le Forum Alternatif Mondial de l'Eau peut permettre de faire converger autour d'une problématique transversale comme l'eau (droit à la vie, environnement, géopolitique, valeurs, symboles, développement local et son financement, rôle des collectivités publiques, comportement des consommateurs, l'éducation; les media) un ensemble diversifié de groupes et de mouvements sociaux.

 

Quelle action mener en France ?

L'action prioritaire à mener en France est la remunicipalisation généralisée sur la base d'un PPP entièrement nouveau, c'est-à-dire un Partenariat Public-Public et non pas un Partenariat Public- Prive aussi bien au niveau français qu'à l'échelle européenne et mondiale. Le moment s'y prête, un nombre élevé de contrats d'affermage et de concession attribués aux entreprises privées venant bientôt à échéance. La "bataille" de la remunicipalisation n'est pas à perdre. On sera avec vous.

 

 


Consommation ici et là-bas …

 

Les besoins en eau évoluent avec le temps et ne sont pas équitables d’un pays à l’autre

Pour les experts internationaux, un pays atteint le seuil de "pauvreté hydrique" à 1000 m3 par habitant et par an, 500 m3 représentant le seuil de "pénurie". Environ 500 millions de personnes vivaient en situation de pénurie hydrique en 2000. Elles pourraient être 3 milliards en 2025.

En 1760 la consommation moyenne du Français est de 20 litres par jour et par habitant. Vers 1850, elle passe à 120 litres. En 1990, elle oscille entre 300 et 1000 litres par habitant et par jour, usages collectifs (écoles, marchés, hôpitaux) compris.

Alors qu’un Américain consomme 1000 Litres par jour, un Malien en consomme 12 Litres.

 

 

 

"L'or blanc" des Alpes : forte consommation d’eau

 

La superposition des trois usages (eau potable, hydroélectricité, neige artificielle) soumet les milieux aquatiques à de très fortes pressions "Bon nombre de torrents cumulent des captages de source pour eau potable, des prises d'eau EDF et des pompages pour canons à neige", remarque Jean-Yves Vallat, vice-président de la fédération de pêche de Savoie. L'étude de l'agence de bassin fait état pour 1999-2000 de 10 millions de m3 utilisés dans 119 stations, "l'équivalent de la consommation annuelle d'une ville de 170 000 habitants".  

      Consommation domestique

 

60 à 80 litres douche de 4 à 5 minutes

150 à 200 litres pour un bain,
10 à 12 litres vaisselle à la main

25 à 40 l pour un lave vaisselle,
6 à 12 litres par chasse d’eau,
90 l en moyenne pour lave linge,
200 litres pour un lavage de la voiture,
15 à 20 litres par m2 de jardin arrosé,
50 000 à 80 000 litres pour une piscine

 

 

 

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